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Le Pré-Saint-Gervais
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Le sol sablonneux des collines de Romainville et du Pré Saint-Gervais recouvre une couche impénétrable de glaise imperméable à l’eau sur laquelle glissent les eaux de ruissellement et de pluie. Celles-ci suintaient à certains endroits. Les Parisiens ont depuis longtemps songé à tirer parti, pour leur consommation, de ces sources.

Aussi, dès le XIIe siècle, les moines qui étaient propriétaires des terrains pensèrent qu’il y aurait intérêt à canaliser ces suitements et à diriger ces ruisselets vers des bassins d’où un aqueduc les conduirait jusqu’à leurs monastères de Paris.

De là, l’eau qu’ils n’auraient pas utilisée pour leurs besoins propres pourrait être répartie entre des privilégiés et aussi être dirigée vers des fontaines publiques aux bénéfices des Parisiens.

C’est ainsi que les religieux de la léproserie de Saint Lazare, amènent dans leur maison du faubourg Saint Laurent les eaux du Pré Saint-Gervais. Le mode d’adduction consistait en l’établissement de rigoles ayant la forme d’un auge qui plus tard seront revêtues de dalle de pierre et prendront le nom de « pierrées ». Les pierrées conduisaient l’eau vers des aqueducs plus importants auxquels ont avait accès par des regards. De distance en distance des regards furent édifiés pour vérifier les débits, surveiller les conduites et au besoin de dériver l’eau.

En 1265, les religieuses d’un couvent voisin de l’aqueduc Saint-Gervais avaient demandé à Saint Louis l’autorisation, évidemment accordée, de prélever de l’eau pour leur usage au moyen d’une conduite branchée sur le gros « thuiau ». Autour de la prise, un regard fermant à clef, réglait cette concession particulière, toute première du genre.

Il y avait quatre regards sur la commune du Pré Saint-Gervais, à savoir : le regard du Trou Morin (sente des Cornettes), le regard des Bernages (avenue du Belvédère à Paris XIXe), le regard des Maussins (transféré à la Porte des Lilas lors de la construction du Périphérique), le regard de la fontaine du Pré Saint Gervais (place de la Mairie).

Des quatre regards construits au XVIIe siècle et classés « Monuments Historiques » en 1899 deux seulement sont sur la commune du Pré Saint-Gervais (Trou Morin et Fontaine du Pré Saint-Gervais). Il y avait aussi la fontaine Saint Pierre située en haut de l’avenue Faidherbe et démolie au XIXe siècle.

Dans ces regards, l’un des côtés du bassin de réception était fermé par un baquet de cuivre percé de trous étagés verticalement. En période de sécheresse, seuls les concessionnaires servis par les ouvertures les plus basses bénéficiaient du précieux liquide, c’étaient évidemment des privilégiés.

Le prévôt des Marchands eut la surveillance de ces aqueducs puisqu’une partie de leur eau alimentait des fontaines publiques. Il devait les inspecter une fois l’an, vérifier la propreté des regards, goûter l’eau et réprimer les dérivations clandestines.

Le regard le plus important : la Fontaine, est situé devant la Mairie du Pré, il s’élève à 6 mètres de hauteur. A l’extérieur un repère nous indique que nous sommes à 70,82 mètres au-dessus du niveau de la mer. Au-dessus de la niche de la fontaine surmontée d’une pomme de pin, une ancienne inscription, très effacée, nous dit que :

« Ce regard qui reçoit les eaux de toutes les
Sources du Pré Saint-Gervais a esté construit du
Règne de Louis XIIII, prévosté de Mre Hierosme
Le Feron, président aux enquestes, eschevinage
De Mrs Pierre Hachette, conseiller du Roy au
Chastelet, Raymond Lescot, conseiller de ville,
Claude Boucot, secrétaire du Roy, Simon de
Sequeville, bourgeois ; estans Mre Germain Prête
Procureur du Roy et de la Ville, Martin le Maire
Greffier, Nicolas Boucot, receveur d’icelle ».

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