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Le Pré-Saint-Gervais
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Jean-Baptiste Sémanaz

 

Né à Lyon en 1874, Jean-Baptiste Sémanaz arrive à Pantin avec ses
parents en 1881. Après avoir effectué son service militaire et exercé
divers métiers dans différents secteurs d’activités (papiers peints,
cristallerie de Pantin, appareils photographiques…), il adhère à la
Fédération des Travailleurs Socialistes de France. Il intègre alors les
services publics de la Ville de Paris au 27e atelier, celui des
égoutiers et de l’assainissement. Là, il devient adhérent d’un
syndicat, tout en assumant le secrétariat de la société coopérative «
La Prévoyante du Pré Saint-Gervais ».

Une popularité croissante
En 1902, Jean-Baptiste Sémanaz fonde l’Université Populaire Gervaisienne, cours du soir destinés aux adultes pour l’obtention du certificat d’études. Outre les cours de Français, calcul, histoire et géographie, on y enseigne des matières professionnelles, telles que la comptabilité ou le secrétariat. Les Gervaisiens peuvent aussi y apprendre la musique, participer à la fanfare municipale et pratiquer des activités sportives, grâce à la section appelée éducation Physique Populaire Gervaisienne (EPPG), qui existe encore aujourd’hui. Cette implication dans la ville où il réside désormais contribue à accroître la popularité de Jean-Baptiste Sémanaz. À l’occasion des élections municipales de 1904, il propose avec les socialistes de l’époque, un programme ambitieux : la création d’un dispensaire et d’un nouveau groupe scolaire, la gratuité des fournitures scolaires et l’assainissement de la ville. C’est ainsi qu’à trente ans, il devient le premier maire socialiste, succédant à une longue lignée de maires sans étiquette politique, notables pour la plupart. Il est renommé sans difficulté à la tête de l’équipe municipale en 1908 et 1912.

Un pacifiste volontaire pour partir au combat
Dès novembre 1913, le socialiste organise sur la Butte du Chapeau-Rouge de gigantesques rassemblements contre la guerre, auxquels Jean Jaurès prend une part active, enflammant de son éloquence les 150 000 personnes présentes. Quand, quelques mois plus tard, la Première Guerre Mondiale éclate, Jean-Baptiste Sémanaz est au point culminant de sa popularité. Volontaire pour partir au front, il est blessé dans la Somme le 6 octobre 1914. Il décède cinq jours plus tard, à quarante ans.
Lorsque le conseil municipal apprend, en février 1915, que son corps peut être retrouvé, il ouvre une souscription publique à laquelle cotisent près de cinq cents personnes. Parallèlement, la mairie obtient du Président de la République que l’école Lamartine soit renommée groupe scolaire Jean-Baptiste-Sémanaz. Racheté en 1930 par la Ville de Paris pour financer la construction des écoles Jean-Jaurès et Pierre-Brossolette, cet établissement situé dans le XIXe arrondissement s’appelle aujourd’hui l’école des cheminets. Les funérailles officielles de l’homme public ont lieu en février 1921 et rassemblent une foule silencieuse, recueillie devant la mairie drapée de noir.

Article écrit en collaboration avec Michel Delcoustal.


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