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Le Pré-Saint-Gervais
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André Joineau, symbole de la résistance gervaisienne

« La France nous appelle, courage, espérons pour notre pays des jours meilleurs ».

Au lendemain de la Libération, des centaines de monuments, rues et établissements publics sont rebaptisés aux noms d’hommes et femmes morts en luttant contre le nazisme. En Seine-Saint-Denis, 900 plaques ont été apposées pour ne pas oublier, jamais. Plus qu’un nom, elles représentent des êtres devenus extraordinaires par la force des événements. Au Pré Saint-Gervais, Pierre Brossolette, Gabriel Péri, le Général Leclerc, Honoré d’Estienne d’Orves, Max Dormoy. Tous ont joué un rôle dans la Libération. Parmi ces plaques, celle qui rebaptise la Grand Rue porte le nom d’André Joineau.
André est né le 22 juillet 1922. Sa famille vit dans la cité-jardins. Son père et son frère Charles travaillent aux PTT, sa mère est employée à la conserverie Petitjean. André est télégraphiste.
Les Joineau entrent rapidement en résistance. Charles, arrêté en 1939, est déporté. À 18 ans, André devient un résistant actif. Et à 21 ans, il s’engage dans les Francs-Tireurs et Partisans, détachement Victor-Hugo. Ce groupe, formé au printemps 43, est connu pour avoir exécuté Von Schaunburg, bras droit du chef de toutes les armées nazies en France. Quelques-uns de ses membres tentent de voler 500 000 F à Pantin le 20 août 1943. Fortement recherché par la police française, André est caché par une famille gervaisienne. Mais si la résistance au Pré est monnaie courante, la délation l’est autant. Il est arrêté en septembre.

Échange de correspondance

En décembre 43, une lettre anonyme informe les parents d’André qu’il est à la prison de Fresnes. S’ensuit alors une correspondance clandestine, grâce à des bouteilles thermos et à l’échange de linge. Le 7 mars, ce sont des lettres d’adieux qu’il envoie à sa famille. « Cet après-midi quinze heures, je partirai pour toujours mais dans l’espoir que cette guerre soit bientôt finie… Tous, tout le monde même les innocents auront payé dans cette guerre, c’est dégradant pour une civilisation comme la nôtre… la France nous appelle, courage, espérons pour notre pays des jours meilleurs. » À ses parents, il ajoute : « J’attendais un jugement que je redoutais, le plus terrible, c’est d’avoir été arrêté par des Français. J’avais tellement fait de beaux projets si je devais en sortir, mais il faut croire que c’était un rêve… Je devais donc mourir pour mon pays si beau et dans lequel j’ai eu du bon temps, mais malheureusement très peu… Courage. Courage ! Soyez très forts. Les jours qui chantent renaîtront bientôt. La mort ne me fait pas peur. Vive notre belle France ! ».
André Joineau est abattu à Suresnes. Il ne verra ni l’occupation de la mairie du Pré Saint-Gervais par les résistants dès le 21 août 1944, ni les barricades érigées pour protéger la ville lors des derniers combats le 22, ni la libération du département le 29, quatre jours après la capitale. Mort à 22 ans, cinq mois après son entrée dans un groupe actif de résistance. Mais il n’a pas vécu en vain. C’est ce que doit nous rappeler la plaque où ne figurent que ces quelques mots : « André Joineau, 1922 - 1944, fusillé au Mont Valérien ».

La résistance au Pré Saint-Gervais
Les résistants devant rester discrets, nous n’avons que peu de noms de Gervaisiens à honorer. Si André Joineau est le plus connu, quelques patronymes reviennent souvent dans les archives. Le couple Poletti, qui cache des armes dans la Villa. M. Vaysse, qui dirige l’internat laïque et privé du Pré et a mis à l’abri de nombreux enfants. Henri Leroy, qui redistribue à la population une partie du vol du pillage des magasins généraux. David Rosenberg, qui évacue le dépôt d’armes cachées chez les Poletti quand ils sont arrêtés, et qui, accompagnés de quatre Gervaisiens, va à la mairie pour reprendre le pouvoir en août 1944. Thomas Nunez, M. Dolidier, André Philippe, les Moore, Avenel, Bacon, Escusa, Pougeol, Fayardas, Goujon, Payadas…


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